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title: "Le véritable enjeu de la cybersécurité"
description: "Entreprises concernées, impacts d'une attaque, premières mesures et contacts en cas d'incident : l'essentiel de la cybersécurité pour les dirigeants de PME."
url: https://acove.fr/blog/le-veritable-enjeu-de-la-cybersecurite/
author: Michael Harlaut
date: 2025-06-05
lastmod: 2025-06-05
tags: ["Gouvernance & risques"]
language: fr-FR
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# Le véritable enjeu de la cybersécurité

*Entreprises concernées, impacts d'une attaque, premières mesures et contacts en cas d'incident : l'essentiel de la cybersécurité pour les dirigeants de PME.*

> [!TIP]
> Cet article a été rédigé dans le cadre des travaux de **la commission « Transformation Numérique » du MEDEF 21**. Il a été publié dans la lettre aux adhérents du 5 juin 2025.

Il ne se
passe pas un jour sans qu’une actualité rappelle que la cybersécurité est un
sujet majeur, qui touche aussi bien les particuliers que les entreprises.

Lorsque
l’on échange avec les dirigeants des entreprises, on voit que la perception du
sujet cybersécurité est variable. Tout le monde est globalement conscient du
risque, mais trop de responsables pensent encore que le risque est limité car
leur entreprise est « trop petite pour intéresser les pirates ». Ou plus simplement assez protégée, puisque rien n'est arrivé jusque là.

Autre
idée bien ancrée, la perception que la cybersécurité est essentiellement un
sujet technique, qui n’adresse que des enjeux techniques.

On va
voir que ces points sont discutables, mais surtout que l’enjeu est très
différent.

> [!NOTE]
> Il se résume en **une question que doit se poser chaque dirigeant**  
> pour bien appréhender le risque cyber : « En cas d’attaque informatique,  
> quel sera l’impact sur mes activités et ma capacité à servir mes clients ?».

## Quelles entreprises concernées par le risque cybersécurité ?

Sur le sujet spécifique de
la cybersécurité, la commission « Usages numériques » du MEDEF21 a
interrogé les adhérents en 2024.

Et le bilan ne peut pas laisser
indifférent :

·      
25 % des entreprises ont déjà été victimes d’une
cyberattaque dans la région (avec un impact variable).

·      
70 % des répondants connaissent une autre
entreprise qui a été victime d'une attaque

Ces chiffres ne sont pas fondamentalement différents
de ceux donnés par l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information
(ANSSI). Leur « rapport sur les menaces » dit que 37% des PME et TPE françaises
ont été attaquées en 2024.

La différence
se joue a priori en partie sur la capacité à identifier et déclarer les
incidents. D'autant que de nombreuses attaques ne sont pas détectée rapidement (les données sont volées, mais le système reste fonctionnel).

> [!NOTE]
> Alors pourquoi  
> cette différence de perception entre la réalité du risque (FORT) et la perception par  
> les dirigeants (FAIBLE) ?
>
> La  
> réponse vient en prenant le point de vue de l’attaquant !

Que ce soit pour voler des données ou mettre en
place un système de rançon, **le but des pirates est avant tout de faire du volume** en
maximisant le retour sur investissement. Oublions l’image du cyber attaquant
seul dans sa chambre, on a désormais affaire à des systèmes mafieux qui
génèrent des milliards de dollars de revenus.

Attaquer les plus fragiles et les moins préparés est donc la solution privilégiée pour « faire du chiffre ». C'est la tactique de tout prédateur, y compris dans la nature.

Pourquoi insister sur cette notion de préparation ?

Parce ce que ce qui différencie fondamentalement
une entreprise préparée au risque cyber et une entreprise non préparée, ce
n’est pas le fait de se faire attaquer ou pas.  Tout le monde peut l’être. La différence, c’est
le niveau et la durée de l’impact sur les activités.

Pour prendre une analogie qui changera de
l’informatique : si l’attaque est une grosse vague (scélérate, évidemment), et l’entreprise un
navire, l’impact va varier selon le niveau de préparation en amont.

- Le navire non
  préparé pourra se faire renverser et devra même peut être appeler à l’aide pour
  rentrer au port. L'eau sera partout.
- Le navire préparé va tanguer mais rapidement retrouver son
  aplomb et poursuivre avec ses propres moyens. Mieux, les cloisons étanches vont éviter la propagation des dommages.

> [!NOTE]
> Le principe est le même en cybersécurité : se  
> préparer, c’est d’abord développer une capacité à résister ET limiter la propagation des effets négatifs.

## Quels impacts pour le risque cybersécurité ?

Dès qu’on parle cybersécurité, on a coutume de
parler de vol ou encore de destruction de données. On va prendre un axe
différent dans cet article : celui de la désorganisation et des effets sur
la capacité de production de l’entreprise.

Parce que pour bien comprendre le risque, on n’a absolument
pas besoin de termes techniques.

**Il faut d’abord penser au métier et à la raison
d’être de l’entreprise**.

> [!NOTE]
> Ce qu’on cherche à protéger ce n’est pas  
> un site internet, un logiciel ou des ordinateurs. Ce qu’on veut protéger est bien plus  
> important : **c’est la capacité de l’entreprise à servir ses clients** !

Qui dit attaque
informatique, dit souvent arrêt de plusieurs outils avec des fonctions dont on
est parfois très dépendant : comptabilité, commandes, planification,
logistique, production, gestion des ressources humaines, …

Or on sait que **le
temps moyen de rétablissement après une attaque de type « rançongiciel » est de
22 jours**.

Ça peut sembler énorme,
mais c’est un chiffre très réel. Après une attaque, on ne redémarre jamais
immédiatement.

Pour prendre la mesure du
risque, il faut donc se poser cette question avec le maximum d’honnêteté :
« **dans le cas où mon informatique serait paralysée par une attaque, combien
de temps est-ce que je peux continuer à servir mes clients ?** ».

On peut aussi faire
l’exercice autrement en se demandant l’effet sur l’entreprise si l’informatique
s’arrête pendant 2 heures, 2 jours, 2 semaines, … Ça demande une petite gymnastique intellectuelle, mais ça peut rapidement ouvrir les yeux en rappelant la dépendance à l'informatique.

On comprend alors rapidement pourquoi
tant de sociétés ont du mal à se remettre d’une attaque informatique :
chaque heure qui passe à un impact direct sur le chiffre d’affaires, avec un
effet cumulatif !

Enfin, ne négligeons pas l’effet
sur la confiance des clients et partenaires. Tout le monde peut comprendre
l’incident mais pas forcément une absence de préparation.

> [!NOTE]
> Dit autrement :  
> **vos clients dépendent de vous et ils ont des attentes légitimes.**

## Quel est le premier pas, finalement ?

Tout
d’abord une bonne nouvelle : les entreprises savent parfaitement gérer des
risques. C’est même le quotidien des responsables d’entreprise qui doit gérer
et anticiper des risques chaque jour : incendies, incidents de véhicules,
compétition, ressources humaines, …

En
2025, plus personne ne questionne la présence d’extincteurs dans des locaux.
Pas plus que le port du casque sur un chantier ou le port de la ceinture de
sécurité. Alors pourquoi cette inertie pour passer le cap de la prise en compte
du risque cyber alors qu’on croule sous les articles et les opérations de
sensibilisation ?

**Ce qui manque est peut-être finalement la
prise de conscience. Pas forcément la prise de conscience de l’existence du
risque, mais celle qui amène à affronter le risque avec détermination pour protéger
son organisation.**

> [!NOTE]
> Avec le même bon sens qui nous pousse à  
> porter des équipements de protection, on doit pouvoir se dire la chose suivante :  
> « **Le risque cyber est réel. Il me concerne**. Il peut avoir un effet très  
> important sur mon entreprise et mes clients et je ne peux pas me permettre de  
> le négliger »

Les moyens techniques viennent seulement ensuite et
ne sont finalement que cela : des moyens, pas une fin en soi.

## Quelles mesures pour augmenter son niveau de sécurité informatique ?

A partir du moment où on décide de gérer un risque,
on a souvent fait le pas le plus important.

> [!NOTE]
> L'anticipation est ce qui va faire toute la différence entre  
> subir et prévenir.

On peut (et on doit) citer quelques mesures :

1.**La formation régulière des employés et dirigeants**
: les personnes non formées sont susceptibles de tomber dans les pièges des
cybercriminels, notamment les attaques de phishing (utilisant l’email comme
véhicule de l’attaque). On peut aussi citer l’arnaque au président (usurpation
d’identité) et la bonne habitude qui consiste à rappeler son interlocuteur en
cas de demande qui sort de l’ordinaire (la demande de virement du vendredi
soir, à 17h, par exemple …).

2. **La mise en place de politiques de gestion des
mots de passe forts**, idéalement avec un système de double authentification
pour les systèmes les plus importants (sur le même principe que le paiement en
ligne qui impose une vérification à chaque utilisation de votre carte de crédit).
On ne doit JAMAIS réutiliser un mot de passe personnel sur un compte
d’entreprise. Parce que les chances qu’il soit déjà volé sont proches de 100%.

3. **La mise à jour des logiciels, systèmes
d’exploitation et anti-virus** : les systèmes non mis à jour présentent des
failles de sécurité exploitées par les assaillants pour accéder aux réseaux
d'entreprise. Pensez aussi à vos outils réseau (routeurs, bornes wifi, …) qui
sont parfois des points d’entrée privilégiés des pirates.

4. **La mise en place de systèmes de sauvegarde
robustes** (pas une simple copie), et régulièrement testés : les sauvegardes
irrégulières, incomplètes ou qui ne sont pas vérifiées peuvent créer un faux
sentiment de sécurité et provoquer une incapacité à relancer rapidement
l’activité, voir mener à une perte de données irréversible. Assurez-vous aussi
que la sauvegarde ne dépend pas que d’une seule personne. On ne choisit pas le
moment où on a besoin, ni la totale disponibilité des gens.

5. **La mise en place de plans de réponse aux incidents**
: l'absence d'un plan d'action en cas d'attaque peut aggraver les dégâts et
prolonger les interruptions d'activité. A nouveau, se préparer, c’est se
protéger. Il faut donc se poser la question simplement : si demain je
perds tel outil, si je perds des données, est-ce que je sais quoi faire et qui
contacter ? Écrivez des procédures simples et ne les stockez pas sur un
ordinateur. Le classeur reste une valeur très sûre (pensez au plan
d'intervention qui permet de faciliter le travail des services de
secours lors d'une situation d'urgence – il est accessible facilement).

Évidemment ces mesures ne sont pas les seules à envisager, mais c'est un bon point de départ sur le chemin de l'hygiène numérique.

## Liens externes

Pour les entreprises qui souhaitent effectuer les
premières actions de manière autonome, d’excellents guides sont mis à
disposition par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information
(ANSSI). On peut lister en premier lieu :

- [La cybersécurité pour les TPE/PME en treize
  questions :](https://cyber.gouv.fr/publications/la-cybersecurite-pour-les-tpepme-en-treize-questions)
- [Rançongiciels, comment les anticiper et réagir en cas d’incident ?](https://cyber.gouv.fr/publications/attaques-par-rancongiciels-tous-concernes)

## Qui contacter en cas d’incident ?

Il existe un portail de référence à bien noter :  [17Cyber, le service public d’assistance en ligne](https://www.cybermalveillance.gouv.fr/17cyber)
destiné aux particuliers, entreprises, associations et collectivités victimes
de cyber malveillance.

Le [CSIRT (Centre régional de cybersécurité)](https://www.csirt-bfc.fr/) est aussi un interlocuteur privilégié, en région.

## En résumé

1. En 2025, il est possible de transformer le
risque cyber en opportunité. A condition de ne pas attendre, on peut même
obtenir (et transmettre) une certaine forme de sérénité.

2. Le sujet n’est pas la protection de biens
matériels : c’est la continuité d’activité de nos entreprises. Et par
extension, la protection des clients et des partenaires. Donc leur confiance
renforcée.

3. La protection commence par la prise de
conscience. La technique n’est qu’un moyen, pas une finalité.

4. Les mesures de sécurités sont parfaitement
connues et maitrisées. Elles ne sont pas forcément couteuses et peuvent avoir
un impact rapidement positif si on choisit bien ses priorités.

5. La cybersécurité est désormais un enjeu
collectif majeur pour la sécurité de notre développement économique.

## En une phrase, pour résumer

> [!TIP]
> **Le véritable enjeu de la cybersécurité, c'est la continuité  
> d’activité**

N'hésitez pas à parcourir [ma page conseil](https://acove.fr/conseil/) pour découvrir comment je peux vous aider à renforcer votre niveau de sécurité.



